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 Les deux étranges [PV Beatriz]

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Gabriel Ahmon

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MessageSujet: Les deux étranges [PV Beatriz]   Dim 21 Juin - 20:44

Le nouveau cuistot est-il meilleur que son prédécesseur ?

Monsieur Oliver Poirier fut récemment engagé par le directeur, Andrez O’connell, pour remplacer feu Monsieur François de Colomb, mort d’une crise cardiaque alors qu’il dégustait son gâteau préféré, à savoir un mousse aux trois chocolats. Un certain Frédéric Walter aurait découvert la dépouille du malheureux cuisiner gisant dans les restes de sa pâtisserie étalée sur le carrelage étincelant de la cuisine de l’école. […] Poirier serait, dit-on, habile à confectionner des repas riches et nobles que seuls les enseignants jouissent. Alors que leurs papilles gustatives se régalent d’un menu extravagant, les nôtres s’interrogent sur la comestibilité de l’aliment caoutchouteux qui se promène allégrement sur notre langue. […] Certes, ses galettes au chocolat sont exquises, mais…


Je soupirai et enfouis mon visage dans la paume froide de mes deux mains, à la recherche de réconfort et de soutient, en vain. Je m’attelais à la tâche de rédiger un texte argumentatif sur la nouvelle cuisine de la cafétéria, mais je manquais d’inspiration. Qu’en avais-je à faire d’une lasagne trop cuite ou d’une tarte amère ? Tant que j’avais en ma possession des montagnes de framboises juteuses et vermeilles, le reste m’indifférait complètement. De plus, je suis meilleur en dénonciateur qu’en reporteur. Je préfère dévoiler des secrets sur certains individus ou décrire des évènements survenus durant les derniers jours en saupoudrant le tout d’humour noir et de sarcasme. Parler de cuisine, ce n’est pas mon fort. Pourquoi diable le petit patron du journal m’a-t-il donné cette corvée lourde et endormante ?

Je m’étirai et décidai de me la jouer rebelle. J’enregistrai mon texte, fermai le fichier Word et ouvris photoshop. J’entrepris aussitôt de recadrer la photographie d’Oliver Poirier, un petit homme trapu, moustachu, aux petits yeux porcins qui dévisageaient, stupéfaits, la lentille de mon objectif. J’ai dû fuir à toute vitesse pour éviter que ses grosses mains velues ne m’attrapent le cou et me secouent comme un prunier. Il a dû me poursuivre pendant une bonne dizaine de minutes avant de ralentir son allure, de s’agenouiller au sol et de reprendre son souffle. Il soufflait comme un bœuf. De mon côté, je dévalais des escaliers, parcourais des corridors pour finalement m’enfermer dans mon dortoir en suppliant Noah de veiller à ma sécurité pendant les quelques prochains jours. Il faut dire que le nouveau cuisinier me jetait des regards vilains et regorgés de sang lorsque je pénétrais dans la cafétéria. Depuis, j’ai pris l’habitude de refiler mon argent à Noah qui allait me chercher à manger et je prenais mon dîner dans la cour de l’école. Je pourrais sans doute écrire ce passage de ma palpitante existence dans mon article. Je souris et acquiesçai avec enthousiasme.

Je modifiais l’image, éclaircissant les teintes, obscurcissant certains endroits afin de lui rendre un air maladif, méchant et sadique. Une fois mon travail terminé, je reculai la chaise pour évaluer ma photo d’un œil expert. Je me tapotai la lèvre inférieure, songeur et conclus qu’elle était parfaite. Elle rendait bien la personnalité que je forgerai à ce cuisinier bourru. Je sourie une nouvelle fois. Défigurer un individu en lui attribuant un caractère qui ne lui appartenait pas me plaisait et m’amusait. Les gens aimaient mes articles lorsqu’ils n’étaient pas concernés, dans le cas contraire ils souhaitaient tous ma mort. Noah devenait dans ces moments-là mon garde du corps personnel. Avec un nom riche tel que le mien d’un côté et un colosse séduisant d’un autre, très peu de jeunes osaient me taquiner ou m’humilier. De toute façon, ils comptaient tous sur Rusty Savage pour venir me taper sur la gueule quand je dépassais les bornes.

Distraitement, je fixais ma montre. Midi et quart. Elle est en retard. Je fronçai les sourcils et sursautai au bruit de la porte qui s’ouvrit brusquement. Je me détournai et foudroyai furieusement la jeune fille que j’attendais, une main positionnée sur mon cœur craintif qui se débattait comme un fou sous ma cage thoracique.

-Ah tiens…te voilà…

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MessageSujet: Re: Les deux étranges [PV Beatriz]   Ven 26 Juin - 15:43

« Craignons-nous nous-mêmes : les préjugés, voilà les voleurs; les vices, voilà les meurtriers. »

Beatriz relu cette phrase. Encore et encore, jusqu’à ce que chaque mots soient méticuleusement imprégnés dans son cerveau. Elle ferma ensuite son livre, pensive. « Craignons-nous nous-mêmes. » La jeune fille fronça les sourcils. Cela revenait à dire que l’Homme est un danger pour l’Homme. Et ça, elle y croyait. À ses yeux, tout le monde était susceptible d’être une menace. Ses doigts fins caressaient la couverture usée de l’ouvrage. Les Misérables. Le dos droit, la jeune fille était assise sur une chaise dans la cuisine de son petit appartement étrangement calme. Alanthia devait certainement vagabonder dans les couloirs à la recherche d’un prétendant digne de ce nom.

*Dieu bénisse le jour où son richissime mari la quittera pour une gamine de 16 ans.*

Beatriz sourit à cette pensée. Elle n’aimait pas Alanthia. Elle la trouvait trop superficielle. Son culte de l’apparence la dégoûtait profondément. De plus, toute cette fixation sur l’argent et la beauté cachait quelque chose de louche. Elle faisait certainement partie d’une secte. Quoiqu’il en soit, Beatriz n’avait jamais cherché à en savoir plus sur le sujet, ne voulant pas alimenter l’égocentrisme démesuré de sa colocataire. Davantage d’attention sur elle ne ferait que la rendre encore plus agaçante. C’est pourquoi Clark gardait toujours profil bas en présence de la blondinette.

Ainsi, Beatriz était assise au milieu de l’appartement, appréciant le silence qui y régnait. Les yeux à présent clos, elle poussa un soupir de contentement. La solitude avait quelque chose de rassurant. Elle posa délicatement son livre sur la table et se laissa lentement couler dans sa chaise. Le dos appuyé au dossier, elle avait l’air légèrement avachie, presque décontractée. Ce n’était pas dans ses habitudes. Mais lorsqu’elle était seule, elle laissait place à un côté d’elle-même beaucoup moins stricte et réservé. C’est pourquoi elle était vêtue d’une jupe noire qui lui arrivait aux genoux et d’une chemise blanche, qui n’était pas boutonnée jusqu’au cou. La demoiselle s’était même octroyée une grasse matinée. Elle avait mis sont cadran à 7h au lieu de 6h du matin. Grande journée que celle-ci, c’était certain. D’ailleurs, n’avait-elle pas quelque chose à faire aujourd’hui? Beatriz fronça de nouveau les sourcils, signe qu’elle réfléchissait.

« Oh, Lord! » s’écria-t-elle dans sa langue natale.

La jeune fille se leva d’un bond et jeta un regard anxieux sur le four, qui lui renvoya l’heure en pleine figure. 12h10. Elle était en retard au journal étudiant! Prise d’une soudaine panique, Beatriz prit son sac en quatrième vitesse et quitta la chambre, non sans oublier de verrouiller la porte. La clé refusa net d’entrer dans la serrure, ce qui mit la jeune fille dans un état de frustration avancé. Jamais elle n’avait été en retard. Jamais. Et voilà qu’elle avait maintenant… 12 minutes de retard!

« Allez, j’ai pas que ça à faire! »

Finalement, la clé obtempéra et Beatriz se mit à courir dans les couloirs de l’école, pestant contre la mauvaise fortune. Tout ceci était visiblement un complot visant à retarder, voire empêcher, la parution du prochain tirage du journal étudiant. Quelqu’un devait certainement avoir intérêt à ce qu’un article en particulier ne paraisse pas. Oui, c’était évident. L’esprit de Beatriz vagabondait d’une théorie à l’autre, alors que ses pieds martelaient les escaliers pour se rendre au premier étage. Dans sa course folle, la jeune fille tourna brusquement au coin d’un couloir et dérapa. Elle sentit son corps osciller sur la droite, juste avant qu’il n’entre brutalement en contact avec le sol froid. C’était une magnifique chute, sans l’ombre d’un doute. Mais la demoiselle se releva immédiatement. Elle n’émit pas le moindre son. Pas le temps de se plaindre. En moins de deux, elle était de nouveau sur ses pieds. Elle arriva devant la porte du local du journal étudiant à 12h15, ouvrant en trombe la porte.

- Ah tiens… te voilà…

Beatriz nota le regard haineux que lui lança Gabriel. Visiblement, elle l’avait effrayé. Prenant une grande respiration, la jeune fille referma doucement la porte derrière elle. Elle ne dit pas un mot, se contentant de lever la main en guise de salutation. Elle se dirigea ensuite d’un pas rigide vers son bureau, sur lequel elle déposa son sac. Elle s’assit ensuite dans sa chaise, toujours bien droite, et alluma son ordinateur. Le silence c’était installé, accompagné du doux vrombissement des ordinateurs et de la machine à café. Tout ceci était typique. Ni Beatriz ni Gabriel n’avait l’habitude de parler, à moins que ce soit pour dire quelque chose de vraiment important. La jeune fille fixait son écran d’ordinateur, dont le noir temporaire lui renvoyait son reflet. Sa chute dans le couloir du deuxième étage avait mis ses cheveux quelque peu en bataille. Tant pis. Mais ce qui attira le regard de la demoiselle, c’était cette tache qu’elle avait sur la figure. Du sang. Beatriz évalua rapidement les dégâts. Seulement une égratignure au front. Rien de grave. Elle prit un mouchoir et essuya pensivement sa blessure. Quel début de journée horrible. Vraiment, quelque chose devait se tramer. Elle se leva pour aller se poster à côté de Gabriel.

« Tu as pu m’obtenir des photos de Marcus et Jeanne? J’ai les témoignages de plusieurs élèves à propos de cette histoire de vandalisme, mais tu sais bien qu’une photo vaut milles mots… » dit-elle.

Un petit sourire s’était dessiné sur ses lèvres. L’idée de coincer ces deux pestes sur le fait la rendait légèrement euphorique.
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MessageSujet: Re: Les deux étranges [PV Beatriz]   Lun 13 Juil - 14:21

-Tu as pu m’obtenir des photos de Marcus et Jeanne ? J’ai les témoignages de plusieurs élèves à propos de cette histoire de vandalisme, mais tu sais bien qu’une photo vaut mille mots…

Mon visage se tordit en un rictus déplaisant. Oh, bien sûr que je savais qu’une image avait une telle valeur. Les mots, chacun peut les interpréter à sa façon, en saisir un sens nouveau et unique, les analyser d’un point de vue personnel. Si un homme avoue à une femme son amour, la femme aura tendance à décortiquer les paroles de son homme afin de s’assurer de la véracité de son propos ou bien pour découvrir la fine toile de mensonges qui recouvre un terrible secret. Les images montrent la vérité dans toute sa laideur. C’est ce qui me passionne, peut-être. Avec mes photos, j’arrive à percer les secrets, l’intimité des gens. Par exemple, je sais que Vérona Gilbert entretient une relation homosexuelle avec la sœur de son petit ami. Les deux jeunes femmes partagent leur amour dans les bois. La chaleur de leurs caresses, la passion de leurs baisers, leur fougue bestiale désignent bien plus qu’une amourette de passage. Ces images stimulantes, je ne les ai pas vendues à quiconque, je les garde classer dans un coffre cadenassé. Certaines photos sont faites pour être exhibées, d’autres pour demeurer cachées.

Toutefois en ce qui concerne Marcus et Jeanne…Je grognai de mécontentement et expliquai ma petite mésaventure à ma collègue dont la mine s’assombrissait de plus en plus. Mon récit débute alors que le soleil, boule de feu incandescente, brillait dans le ciel et entamait progressivement sa descente vers les enfers. Depuis le matin, je suivais subtilement ces deux personnages, les prenais en photo, écoutais leurs conversations sans que ceux-ci ne dévoilent leurs mauvaises actions. Apparemment, je ne fus pas convaincant, car ils mirent à me jeter de rapides coups d’œil circonspects et à prendre la poudre d’escampette dès que je pointais le bout de mon nez. Désemparé et agacé par mon manque de professionnalisme, j’ai demandé à Noah de les suivre pour moi, ce qu’il fit en maugréant et en réclamant un massage de pieds en échange. Je me suis hâté de le lui accorder. Néanmoins, en fin d’après-midi, Noah n’avait rien découvert et était parti s’entraîner. J’ai dû poursuivre les investigations par moi-même.

J’ai vu Marcus et Jeanne emprunter un chemin par les bois. Curieux et déterminé, je les ai suivis et j’ai plongé tête première dans une sournoise embuscade. Une personne m’attendait. J’ai parlé avec elle, oubliant ma mission et je l’ai suivie.

Beatriz fronça les sourcils. Je lui rétorquai que ce soir, je lui promettais de ne pas rentrer me coucher avant de prendre ces deux abrutis en photo et que je n’aurais aucun sujet de distraction.

-Je suis désolé, dis-je sincèrement. Mais j’ai quelque chose qui pourrait t’intéresser.

Je reculai ma chaise, me levai et filai droit vers mon sac poser près de la porte. Je fouillai un peu à l’intérieur avant de tomber sur un carnet qui renfermait certains clichés. Je revins vers mon amie, toujours silencieuse, probablement ruminant son mon échec. Je devrais peut-être lui raconter la fin de mon histoire, mais c’est un secret que je ne partage avec personne.

-L’autre soir, je me promenais dans la cour. Je me suis aventuré dans la forêt et j’ai vu quelque chose…

J’avais cinq photos. Sur la première, on distinguait une énorme trace de pas animal. Sur la deuxième, on percevait un arbre dont le tronc était déchiqueté comme si une monstrueuse bête avait aiguisé ses griffes tranchantes. La troisième image révélait un animal mort, dévoré de telle façon qu’il en était méconnaissable. La quatrième et la cinquième montraient des traces de sang qui se dirigeaient tout droit vers l’école. Je les donnais à Beatriz pour qu’elle les étudie minutieusement. J’espérais que ces images réveilleraient en elle cette même curiosité malsaine et morbide qui m’habitait.

-Qu’est-ce que tu en penses ?

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