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 Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]

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Christina Woodworth

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MessageSujet: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Dim 12 Juil - 9:37

Dimanche après-midi. Le soleil pointait le bout de son nez, il faisait presque chaud. Déjà une semaine qu’elle était arrivée dans cette école qui semblait se situer dans une dimension parallèle à la réalité…

Elle avait traîné au lit jusqu’à midi sans le moindre soupçon de culpabilité. Jusqu’à ce que son estomac décide pour elle qu’il était temps de se bouger le cul. Quelques étirements accompagnés de grognements et d’un long soupir plus tard, une chose quasi-vivante et à l’apparence presque humaine émergea de sous les draps.
Les yeux à peine ouverts, Chris se dirigea vers le coin cuisine pour trouver un truc à grignoter : elle avait la flemme de se préparer un vrai repas. Sa main tomba finalement sur un paquet de biscuits, et elle sortit la brique de lait du frigo. Se posant sur une chaise près de la petite table, elle entreprit de faire un sort au paquet tout en buvant au goulot… Non c’était pas poli, et alors ?

Ses paupières ayant finalement décidé de s’ouvrir vraiment – aidées par l’apport soudain de glucides – quelque chose sur la table attira son attention. Un petit colis, à son nom. Cet objet presque anodin lui balança un sacré coup de fouet. Bien sûr qu’elle s’attendait à recevoir du courrier de temps à autre : c’était ça la vie à l’internat. Mais en aucun cas elle n’aurait cru revoir cette écriture…
Ses doigts s’emparèrent du petit paquet couvert de papier kraft, et elle mit carrément son nez sur l’étiquette pour être sure qu’elle ne rêvait pas.

Spoiler:
 

Elle le tourna et le retourna, mais il n’y avait pas l’adresse de l’expéditeur. Pourtant elle en était sure : c’était lui !
Sans plus attendre une seconde elle posa les gâteaux et ses ongles massacrèrent l’emballage du colis. Un paquet de clopes tomba sur la table avec un petit bruit mat. Il y avait une lettre avec.

Spoiler:
 

Cet enculé de Scott. C’était bien lui. Y’avait qu’un imbécile pareil pour signer avec les initiales de son prénom de cette manière. « SM », Scott Matthew Thomson. Il trouvait ça « top classe » ce con.
Christina ne pu retenir un petit rire en repensant à lui. Qu’est-ce qu'il lui avait pris de vouloir prendre de ses nouvelles tout à coup ? Sa dernière poule en date l’avait plaqué et il s’emmerdait ?
Il avait dû se manger une sacrée raclée en allant voir la bande dans laquelle traînait la jeune fille. Ils n’avaient jamais aimé ce type. Faut dire que Scott n’était pas particulièrement aimable. Sauf si on avait un grain.
Chris n’avait jamais nié en avoir un.

Elle prit le paquet de cigarettes et le contempla un instant avec bonheur. Elle n’avait pas eu le temps d’en acheter avant de partir et avait seulement réussi à en sauver une ou deux des griffes de sa connasse de mère qui était partie en croisade contre « ce fléau cancérigène ». La semaine lui avait paru longue sans ça.
Ok, Scott était un abruti, mais au moins il la connaissait bien.
Profite.

« T’inquiète pas. »

Christina abandonna tout sur la table et fila prendre une douche rapide. En sortant elle fouilla vite-fait sa commode et en sortit un jean délavé un peu lâche et confortable, ainsi qu’un débardeur noir. Il allait faire chaud dehors, pas la peine d’enfiler des couches de fringues. Une chance qu’elle ait pas vraiment de poitrine dans un sens : le soutif elle connaissait pas, mais ça devait vraiment être la galère quand il faisait une chaleur à crever…
Elle s’habilla en deux temps trois mouvements, enfila une paire de baskets, remis son bracelet en cuir et…elle n’avait pas envie de porter son foulard par un temps pareil. Mais elle n’avait pas non plus envie qu’on vienne l’emmerder et lui poser trop de questions. Elle le passa donc en soupirant, et se dit qu’elle pourrait toujours l’ôter si le coin était désert.
Enfin elle attrapa ses précieuses petites « cancérettes », et claqua la porte derrière elle.

Chris avait repéré le lac en milieu de semaine, en sortant s’aérer après un après-midi de contrôles éprouvants. L’ambiance studieuse et l’impression d’être surveillée en permanence par les profs avait commencé à lui porter sur le système. Du coup elle s’était « échappée » quelques heures en début de soirée. Le coin lui avait paru parfait : en s’installant à l’autre bout de la rive on était suffisamment loin des bâtiments.
En arrivant sur place elle respira un grand coup. Une légère brise rafraîchissait l’air. Le temps était plus qu’agréable. Les mains dans les poches elle entreprit de faire le tour du lac, histoire de s’éloigner d’un groupe d’élèves qui squattaient la zone pour se baigner et faire bronzette. Une fois arrivée elle avisa un arbre, et surtout le coin d’ombre qui semblait l’attendre.

« Nickel. »

Elle s'assit sur l'herbe verte, s’adossant au vieux saule, et sortit une clope et son zippo. Celui qu’Adrian lui avait offert. Peut-être qu’elle ne fumait que pour l’utiliser après tout…
La première bouffée lui confirma qu’elle était accro, mais elle n’en avait strictement rien à faire.
C’était la première journée un peu « normale » qu’elle vivait depuis son arrivée.


Dernière édition par Christina Woodworth le Jeu 16 Juil - 17:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Jeu 16 Juil - 15:01

Je marmonne, grommelle, pousse un profond soupire. Maudit sois-tu, Abi ! Je tourne et retourne la feuille entre mes mains, essaie de relire les mots qu’elle y a griffonnés sans trop faire d’effort. Un nouveau refrain qu’elle veut que je chante, qu’elle dit. Ouais, super. Elle me l’a chanté hier, sur le coin de la rue en rentrant du dépanneur. Je me souviens de l’air, mais les mots m’échappent. Qu’est-ce qu’elle avait à vouloir que toutes ses chansons soient en anglais, aussi ? Je ne comprends absolument rien à cette langue. « Oh mais tu chantes si bien … » Peut-être mais j’ai aucune idée de ce que je dis. Et cet aprem, comble du malheur, après avoir moyennement dessaoulé, je ne me souviens plus de la façon de prononcer la dernière phrase tout en bas, ni même de la lire. Le reste va, mais la dernière ligne, j’arrive à que dalle. Je recommence à bougonner, replace la feuille dans le bon sens : finalement ça n’avait pas plus de sens de l’autre côté. Et puis je voudrais bien appeler Abi, mais elle répond pas au téléphone. Probablement qu’elle est raide morte dans ses toilettes en train de vomir ses tripes. Après tout il n’est que cinq heures de l’aprem… Je plaque le papier sur la table de la cuisine. Il va rester là, mais moi je sors. J’en peux plus de ce casse-tête idiot. Je me décide à sortir du dortoir, retourne à ma chambre pour enfiler un jean par-dessus mon caleçon et pars en claquant la porte derrière moi. Cette superbe porte qui ne se verrouille plus.

Une fois dans le couloir, torse nu, je croise le regard d’une fille qui allait rentrer dans sa chambre. Yeux ronds. Mouais c’est ça, fais semblant d’être surprise. Je t’ai bien vue me mater la semaine dernière, à la piscine. Je marmonne quelque chose pour moi-même, soupire. Retourne dans le dortoir. Attrape le petit papier déjà chiffonné et le rechiffonne pour le mettre dans ma poche. On ne sait jamais : peut-être que je vais croiser quelqu’un qui comprend l’anglais ET qui serait capable de déchiffrer l’écriture d’Abi quand elle est saoule. En ressortant, je remarque que la femelle qui me zieutait est encore là. Quand elle voit que je la regarde, elle hoquète et se dépêche de rentrer chez elle. Machinalement, je referme la porte du dortoir et marche vers l’escalier.

Ah, l’herbe fraiche sous mes pieds nus, encore humide de la nuit. Je souris bêtement, pris d’une envie folle de me mettre à courir partout comme un gamin. Mais je me retiens. J’ai bien appris que pour faire des trucs enfantins, ça passe toujours mieux quand on n’est pas tout seul. Toutes ces règles, je leur foutrais bien le feu moi ! Je grimace quand mon pied écrase un truc gluant. Je m’arrête, le lève dans les airs et me penche en plissant le nez. Beeeh … Une limace … Je secoue le pied et l’essuie frénétiquement sur l’herbe pour m’en débarrasser.

Une fois mon pied bien net et vierge de toute trace de limace, je me remets à marcher sans but réel. Je finis par atterrir à l’orée du bois. Quoi que je fasse, c’est toujours là que me dirigent mes pas. J’aime cet endroit. On n’y trouve jamais personne pour venir vous emmerder. C’est le pied, quoi ! Je me promène entre les arbres pendant un moment. Je ne me soucie pas des cailloux et des branches qui m’écorchent les pieds alors qu’une limace m’a tiré une grimace de dégoût mais que voulez-vous … chacun son truc. Moi je suis pas trop branché trucs visqueux. Oh je suis branché plein de trucs … mais pas ça.

Je ressors du bois parce que je m’approche du lac. Je pourrais bien aller y faire trempette. Il règne une de ces chaleurs, même à l’ombre. Et après on s’étonne que je me balade sans t-shirt dès que j’en ai l’occasion … Les pieds plantés dans le sable, je savoure. L’odeur du lac. Le vent. Le soleil. La chaleur. Trop de chaleur. Vite. Eau ou point d’ombre … J’avise un arbre, pas trop loin, derrière un troupeau de femelles qui exhibent leurs formes en maillots de bain colorés. Je pique à travers elles, qui poussent des « oh » et des « ah » parce que je marche sur leurs serviettes sans même m’arrêter pour prendre le soleil avec elles. Désolées jolies femelles, vous aviez qu’à bronzer à l’ombre. Je m’approche de l’arbre et constate qu’il n’est pas seul… Quelqu’un y est appuyé. Quelqu’un qui fume. Je m’approche encore un peu.

C’est un mec. Je m’approche un peu plus. Ah non. C’est une supposée nana. Enfin c’est ce que tout le monde dit. Mais je crois bien que c’est elle la femelle qui se sape comme un homme. Amusé, je m’approche. En spectacle avec le groupe, j’en vois des gens bizarres. Mais des travelos … ils trainent pas dans les mêmes quartiers que nous. Arrivés derrière, je lui vole sa clope.

-Tu sais que c’est mauvais pour ta santé ma mignonne ? Tu vas te chopper un artère !

Et sur ces mots, je lui en prends une bonne bouffée bien longue. C’est assez rare que ce genre de trucs se trouvent sur le campus … autant en profiter.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Jeu 16 Juil - 18:48

Dire qu’elle savourait l’instant aurait été un euphémisme.
Elle n’avait pas vraiment pu se relaxer durant la semaine, avec tous les trucs qui s’étaient enchaînés… Bon, la première semaine dans un nouvel établissement était toujours difficile. Ne serait-ce que le temps d’enregistrer les codes. Mais avec ces putains d’examens, et la tendance de la majorité des élèves à avoir un balai profondément ancré dans le cul… Évidemment qu’elle n’avait pas osé s’imaginer prendre sa place tranquillement – rien n’avait jamais été « tranquille » dans sa vie. Mais elle n’aurait jamais non plus pensé avoir autant de mal.
Sept jours… Déjà sept putains de jours, bordel ! Et question « communication » ça n’avait pas été folichon. Il fallait dire que le premier être vivant à s’être approché d’un peu trop près avait été Blondie. Mauvaise pioche. Déjà qu’on la regardait de travers habituellement, cette histoire à la con semblait avoir provoqué un mouvement de recul général. Des rumeurs à la con avaient déjà commencé à circuler : ça au moins c’était une chose familière. Dommage que le seul « repère » qu’elle ait pu retrouver ait été un point négatif.
Alors oui, il y avait bien ce Noäh rencontré à la cafét’… Mais pour le reste elle se sentait plutôt en isolement. Bref, la loose intégrale.

Elle allait tirer une nouvelle taffe, histoire de se consoler, lorsque la cigarette se fit la malle sans demander son reste.

« Bordel, qu’est-ce que… »

-Tu sais que c’est mauvais pour ta santé ma mignonne ? Tu vas te chopper un artère !


*Ma « mignonne » ?!*

C’était quoi ce merdier ?
Chris se retourna et tomba nez à nez avec un grand type qui tirait sans vergogne sur sa clope. Elle se contenta de lui lancer un regard blasé et la lui arracha des mains.

« Primo, je suis pas « ta mignonne ». Secondo…t’es pas un peu jeune pour être mon père ? »

Elle prit le temps de le détailler. Plutôt grand le lascar, musclé, beau morceau : il y avait de quoi apprécier vu qu’il se trimballait à moitié à poil. Loin d’avoir une gueule de premier de la classe. Peut-être que son karma était en train de changer de voie : si son instinct ne la trompait pas, elle venait de tomber sur l’un des fouteurs de merde du coin. Elle en avait entendu parler à plusieurs reprises. Et lui avait la gueule de l’emploi.
De toute manière rien que le fait de l’aborder, elle, montrait qu’il n’était pas à ranger avec la majorité. Ben au moins ça changeait !

« Mais je suis flattée que tu t’inquiètes pour ma santé. On voit les gentlemen. »

Elle tira de nouveau sur sa clope puis lui sourit de toute ses dents. Elle se foutait ouvertement de sa gueule.

« Par contre je voudrais pas que tu risques la mort à ma place, hein. J’aurais un trop gros poids sur la conscience… »

Et surtout elle allait pas lâcher ses trésors à un parfait inconnu qui – de toute manière – n’avait même pas demandé avant de se servir.
Ce mec avait purement et simplement éclaté sa petite bulle de calme. Du coup les bruits qui lui parvenaient jusque là comme à travers du coton lui semblaient à présent bien réels. Plongeons dans le lac, courses-poursuites, éclats de rire. Son attention fut captée quelques secondes par le groupe qu’elle avait évité. Elle eut tout à coup comme la drôle de sensation qu’ils l’avaient repérée…
Son regard revint vers le jeune homme qui avait cherché à lui voler sa cigarette. Ok, maintenant c’était clair.

« Tu as un sacré fan-club à ce que je vois.»

D’un hochement de tête elle lui indiqua le troupeau de filles en maillot qui babillaient, déblatérant sûrement un flot de conneries de la plus parfaite platitude. Bref, sans intérêt.

*Encore une belle bande de salopes… Ils font un élevage dans cette école ou quoi ?!*


Elle s’en désintéressa dans la foulée et se contenta de regarder en coin ce garçon qui s’était incrusté dans son petit monde à elle. Quelque part il lui rappelait ce connard de Scott. Décidément son esprit semblait s’être invité à la fête aujourd’hui ! Cette pensée lui arracha un sourire.

« Alors, « mon mignon ». Maintenant que tu as collé ta salive sur ma clope, tu vas faire l’effort de te présenter ou pas ? Vu ton profil tu dois faire partie du groupe de ce fameux « Savage » dont on me rebat les oreilles depuis mon arrivée. J’sais pas pourquoi mais je te vois mal au tableau d’honneur du bahut... »

Chris se laissa glisser un peu plus contre l’arbre en mode « chaise longue improvisée » et se mit à faire de jolis ronds de fumée qui se dissipèrent paresseusement dans l’air moite. Ça commençait à plomber sec, même à l’ombre. Elle porta machinalement une main à son cou pour desserrer un peu son foulard : elle avait du mal à le supporter dans des conditions pareilles.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Ven 17 Juil - 9:53

Aussitôt elle monte sur ses grands chevaux ! Oh là ! Calme-toi la mignonne. Qu’est-ce que je t’ai fait sinon de te prendre une touche ? Je vais pas la lui manger, je suis pas con : je sais que ça se bouffe pas. Je la laisse me reprendre sa clope sans rechigner et la regarde, amusé. C’est vrai que des petits bouts de femme comme elle, on n’en trouve pas beaucoup dans cette école. Je sens qu’elle va venir mettre de la vie dans cet endroit mort. Bon … Beaucoup vont dire qu’on déborde de vie mais bon … c’est un endroit castrant. Moi j’aime pas. C’est nul. C’est fermé. C’est étroit. J’aime pas. Mais j’aime les gens dans cette école. Je dois l’admettre. J’ai énormément de plaisir à les côtoyer, même si certains m’ennuient considérablement : genre ce taré d’Andrew ! Enfin bon … Elle me complimente sur ma qualité de gentleman. Euh … ouais … on repassera pour la gentlemanie. On m’a accordé beaucoup de qualificatifs, mais je ne crois pas que celui-ci m’ait été déjà donné. Je la regarde avec un sourcil haussé pendant qu’elle tire sur sa clope.

« Tu as un sacré fan-club à ce que je vois.»

Je tourne la tête. Ouais, j’ai mon petit fan-club. Des filles qui me reluquent parce que je suis sexy, des fans des Dirty Paws, les filles qui traînent avec moi pour l’attitude … J’ai une place pour tout le monde. Je regarde le groupe des jeunes filles. Seulement avec lesquelles je n’ai pas tiré un coup dans ce troupeau. Et pour bien faire, c’est les plus moches. Je ne me sens aucune obligation de terminer ce groupe avant de passer à un autre. Je fais un clin d’œil au garçon manqué mais celui-ci passe inaperçu parce qu’elle s’est retournée pour profiter de sa cigarette. Non mais hein … Est-ce que je lui tourne le dos quand elle me parle, celle-là ? C’est qui le Savage ? Elle ou moi ?

« Alors, « mon mignon ». Maintenant que tu as collé ta salive sur ma clope, tu vas faire l’effort de te présenter ou pas ? Vu ton profil tu dois faire partie du groupe de ce fameux « Savage » dont on me rebat les oreilles depuis mon arrivée. J’sais pas pourquoi mais je te vois mal au tableau d’honneur du bahut... »

Je me hérisse d’abord un peu quand elle m’appelle « mon mignon », mais j’admets que c’est de bonne guerre. Je souris en entendant le reste de son discours, amusé, et fier en même temps, de voir que ma réputation me précède toujours. Je dresse les épaules, le menton … Bref tout ce qui se dresse, sauf bien sûr ce qui serait indécent. Non mais hein ! Je suis pas un sauvage. Je ricane tout seul.

-C’est moi le « fameux Savage ». Rusty Savage. Mais pour toi, je ferai une déception : tu pourras m’appeler « mon mignon ».

Je lui lance un nouveau clin d’œil. Inefficace encore une fois parce que madame a décidé de s’évacher contre l’arbre et de ne me porter qu’une attention minimum. Je vais finir par me vexer, franchement. J’ai pas l’habitude qu’on me snobe de cette manière. Je marmonne un petit quelque chose pour moi, d’humeur bougon. Mais je ne lâcherai pas le morceau pour si peu. Personne ne peut ignorer Rusty Savage quand il a décidé qu’il voulait de l’attention. Oh non ! Personne. L’arbre est large. Il y a de la place pour deux contre ce tronc. Alors je me fais une place et on se retrouve presque épaule contre épaule. On est pas côté à côté. Disons à un angle de … oh un petit angle là … J’arrive pas à me rappeler des degrés exacts …

-Alors comme ça t’écoutes les rumeurs qui courent sur mon compte ? C’est pas bien ça …

P’tain … c’est quoi son nom. Je sais que je l’ai entendu quelque part. J’en suis certain. Bon sang … Bon … qui ne risque un rien va loin, hein ? C’est un truc andromal … je le sais …

-Caroll ?

Nah … c’est pas ça …

-Max ? Fred ? Gab ? Alex ?

Je la regarde. À voir sa tête, c’est pas ça du tout. Je dois être loin du compte. Je renverse la mienne contre le tronc, râle un bon coup et la relève soudainement, éclairé d’un éclair de génie.

-Et si je continuais à t’appeler ma mignonne ? Hein ? C’est plus simple comme ça, non ?

Moi ça m’irait. J’ai déjà assez de mal à retenir le nom de chacune de mes conquêtes. Je retiens ceux de mes potes, ou alors je leur trouve des surnoms tarés. Moi, la plupart des gens m’appellent Savage. Quand on m’appelle Rusty, j’ai toujours l’impression que les gens pensent à moi comme à un chien. Maudit sois-tu, Andrew …
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Ven 17 Juil - 13:33

Le gars ne se laissa pas démonter par son apparent désintérêt, loin de là. Elle s’en doutait mais cela l’amusa tout de même.

-C’est moi le « fameux Savage ». Rusty Savage. Mais pour toi, je ferai une déception : tu pourras m’appeler « mon mignon ».

* « Déception »… ? Ce serait pas « exception » plutôt ? Et puis c’est quoi ça, « Rusty » ?! Mais c’est pas un prénom ça ! Moi qui prenait ma mère pour une salope…ses parents devaient le détester pour l’appeler comme ça ! On dirait un nom de clebs…*

Pas étonnant qu’on ne parle que de « Savage ». Vu le mec, il valait mieux éviter de le vexer. Pas étonnant non plus qu’il lui propose de l’appeler « mon mignon » : c’était ridicule, mais peut-être pas autant que son nom complet. Et Chris était certaine que son prénom devait déclencher l’hilarité chez plus d’un péquin… Ce qu’il déclencha d’ailleurs chez elle, qui étouffa un petit rire. Mais Rusty ne sembla pas s’en rendre compte.
Il s’installa contre son arbre, investissant sans vergogne son espace personnel. Pas gêné. M’enfin c’était bien le genre, elle aurait même été étonnée du contraire. Mais dans le fond ça ne la dérangeait pas. Lorsqu’Alanthia avait fait la même chose, alors elle avait frôlé la syncope. Mais ce garçon, aussi malpoli et dénudé qu’il soit, était – comme dit précédemment – un être de sexe masculin. Donc une chose qui ne lui déclenchait pas de crise d’urticaire. Une chose qui faisait partie de son paysage, de ses habitudes. Une chose avec laquelle elle se sentait à l’aise pour communiquer.
Et surtout une chose qui avait décidé de lui faire la conversation, à priori content qu’elle ait entendu parler de lui, et surtout en train de tenter de faire le malin en l’appelant par son prénom sans qu’elle se soit présentée.

-Alors comme ça t’écoutes les rumeurs qui courent sur mon compte ? C’est pas bien ça …
-Caroll ?
-Max ? Fred ? Gab ? Alex ?

La jeune fille se tourna franchement vers lui, à la fois amusée qu’il tente de s’en rappeler, et blasée par la liste sans queue ni tête de noms qu’il sortait.
Game Over. Il venait d’abandonner la partie.

-Et si je continuais à t’appeler ma mignonne ? Hein ? C’est plus simple comme ça, non ?

« Plus simple ? Pour toi… »

Cette fois elle éclata de rire, franchement.

« Juste pour information je m’appelle Christina Woodworth. On a tendance à m’appeler Chris. Ca devait être ça que tu cherchais…nouveau rire… Mais appelle-moi comme tu veux si ça évite de te griller les neurones, je m’en fout. »

Alors c’était ça, le fameux Savage… Ça confirmait son avis sur la population du Dahlia Noir : il suffisait d’un rien pour les faire chier dans leur froc. Oh, Chris ne doutait pas que Rusty soit du genre à refaire le portrait de n’importe qui à la moindre occasion : il en avait la carrure et semblait suffisamment barré pour ça. Mais il lui donnait plus l’impression du bad boy tombeur de nanas et pas peu fier de son statut de « loup blanc » que du caïd qui pouvait transformer l’existence de quelqu’un en véritable enfer. Bref, un gentil garçon dans le fond, dont les blagues et passe-temps n’étaient peut-être pas du goût de tout le monde, certes…

La jeune fille prit le temps de griller sa cigarette jusqu’au filtre puis l’écrasa sous la semelle de sa chaussure, se redressant. Son t-shirt était remonté lorsqu‘elle s’était laissée glisser contre l‘arbre, laissant apparaître quelques cicatrices plutôt étranges dans son dos. De l’herbe et des petits bouts d’écorce s’étaient collés à sa peau et au coton de ses vêtements. D’un geste machinal elle les balaya de la main et fit redescendre le tissu jusqu’à sa taille.
Elle se mit à fixer Savage franchement, une lueur amusée dans le regard.

« Et oui, certaines rumeurs sont parvenues à mes oreilles. Si j’ai bien compris c’est toi le « big boss » ici… »

Et elle trouvait ça franchement hilarant. Ce type avait dû commencer à se bagarrer parce qu’on se foutait de sa gueule à cause de son prénom : c’était pas possible autrement. Chris continuait de lui sourire en coin.

« Alors d’après les autres informations que j’ai pu obtenir - comme si elle avait cherché à savoir quoi que ce soit…les rumeurs elle s’en foutait comme de sa première chemise - tu as niqué la moitié des nanas de l’école, si c’est pas plus, t’es chanteur dans un groupe, et paraît qu’il faut pas te chercher des noises. J’ai 20 sur 20 ? »

Son sourire s’élargit quelque peu. En fait elle lutait contre ses instincts depuis quelques minutes maintenant. Mais les vannes cédèrent. Chassez le naturel, il revient au galop. Cette fois elle ne put contrôler son fou-rire.

« Pa…par contre…rires…on m’avait pas dit que..que…que…elle manqua de s’étouffer… Ton prénom… »

Elle reprit de l’air, toussant à moitié.

« Rusty…bordel mais…allez c’est pas sérieux, hein ? Tes parents ont pas osé t’appeler comme ça…nouveaux rires…Si ? »

C‘était peut-être pas très malin de se foutre ouvertement de sa gueule. Mais elle était comme ça : elle ne pouvait pas se la fermer lorsqu’on lui tendait une perche de vingt mètres de long.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Mer 22 Juil - 1:42

Je tourne la tête vers elle sans grande volonté pour la regarder rire. J’ai toujours aimé ce son : un bon rire franc, qui se fiche éperdument de savoir s’il sonne juste ou non. Juste un feeling qui sort « BAM » d’un coup, sans demander son avis à personne, sans se soucier qu’on ait l’air d’un abruti fini. Cette femelle a un rire de ce genre. J’aime. Je souris, pensif. Ici, tout le monde donne l’impression de marcher avec un ou deux balais dans le cul. Il y a pas moyen de détendre l’atmosphère parce que tout le monde se prend pour plus que ce qu’il est et pète plus haut que le trou. C’est comme une grosse partie de poker, traîner avec des gens riches et chiants : tout le monde ne montre bien que ce qu’il veut. Moi j’essaie d’être aussi franc que je le peux, spontané. Cette fille m’a l’air de partager au moins cela avec moi. J’apprends qu’elle s’appelle Chris, et que j’ai le droit de l’appeler ma mignonne. Tant mieux alors, parce que je ne m’en serais pas privé de toute façon.

Elle procède à un examen complet de ma personne. C’est pas pour me gêner : j’ai déjà connu plus insistant pour inspection. Comme quand je rentre dans l’infirmerie. Là, tout de suite, il y a le regard de toutes les infirmières qui me scrutent, qui cherchent le sang et les bleus, et, si elles en trouvent, s’évertuent à deviner s’il est à moi ou à quelqu’un d’autre. Ou alors Andrew qui, dès que je rentre d’une soirée un peu arrosée, fiche ses pupilles dans les miennes pour essayer de voir si j’ai consommé des substances louches. Cet examen peut durer vachement longtemps et n’est pas particulièrement plaisant. Cette Chris qui me toise, par contre, ça me laisse indifférent. Faut dire que je l’inspecte aussi, je vais pas rester en reste. Je suis peut-être à moitié à poil – et alors ? – mais ce n’est pas ça qui va m’empêcher de remarquer la peau de son dos et de son flanc découverts par sa petite glissade contre le tronc. Mais c’est pas touche. Elle est pas mon genre, et je dois pas être le sien. Si ça se trouve – ça m’étonnerait pas – c’est une gouine comme tant d’autres qui n’acceptent pas leur côté féminin. C’est sûr que je pourrais la convertir : j’en serais capable. Mais j’ai pas envie. Pas assez de poitrine sous ces vêtements …

Elle se met à débiter un tas de rumeurs entendues qui parlaient de ma glorieuse personne. Je me gonfle d’orgueil, affiche un petit sourire goguenard et plutôt fier. Ouais, t’As une notre parfaite ma mignonne. Puis tout d’un coup, sa spontanéité revient au galop et je me rappelle soudainement que les personnes ne possédant que des bons côtés n’existent pas.

« Pa…par contre… on m’avait pas dit que..que…que… Ton prénom… Rusty…bordel mais…allez c’est pas sérieux, hein ? Tes parents ont pas osé t’appeler comme ça… Si ? »

Me lever et partir. L’étrangler. Chier sur sa clope et la lui faire manger. Taper dans l’arbre jusqu’à ce qu’il lui tombe dessus. Pas content. Pas content du tout. Non mais putain, sans blague … qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela ? Je crois savoir que mon père m’aime, même si je le trouve un peu taré de le penser … et que c’est pas du tout réciproque. Sauf que je n’arrive pas à comprendre comment, en aimant son fiston, il a pu avoir envie de le torturer au point de l’appeler Rusty. Il a du se passer un truc pendant mon enfance, un truc qu’il a pas apprécié. Et qui se serait passé avant qu’il écrive mon nom sur mon acte de naissance ? Je me force au calme. Ce serait con de jeter une nouvelle arrivante dans le lac. Sauf si celle-ci était Princesse Peach. Elle, ça en vaudrait la peine. Je serre les dents et celles-ci émettent un grincement que mes amis ont appris à associer à une grande colère. Voilà. Je suis colérique. Et alors ? On peut pas m’en vouloir ! On se fout de ma gueule à cause du prénom qu’un gros taré m’a donné, probablement pendant qu’il fumait un truc pas très légal. Dire que quand j’étais gosse, je trouvais que mon prénom « rockait ». Ce qu’on peut être con, des fois … Je soupire, desserre la mâchoire.

-On t’a pas appris que c’était pas bien de se moquer, ma mignonne ? Fais gaffe à comment tu causes et à qui tu causes.

Je vais me retenir de lui lancer que mon nom s’explique par le fait que mon père est cet imbécile d’Andrew O’Connell. Je préfère ne pas me vanter de cet phénomène inexpliqué. Disons que dans l’état d’hilarité où elle est en ce moment, je vais pas lui donner une autre raison de se foutre de ma gueule. Je lui servirai pas ça sur un plateau d’argent. Hors de question. Pour me redonner une contenance, je veux lui revoler sa clope. Ça va l’emmerder. Ça va me calmer. Et tout ira bien dans le meilleur des mondes… Malheureusement ... je finis par apercevoir le petit tube grillé et écrasé dans l'herbe, qui dépasse de sous sa chaussure.

Si le meilleur des mondes pouvait être l’école du Dahlia Noir, bien sûr. Malheureusement, tout le monde sait que ce n’est pas du tout le cas.

-Ce que t’as entendu sur moi, c’est vraiment pas des punaises. Je te conseille de te faire petite.

Je tends la main à plat vers elle, en attente.

-Tu me files une clope ?
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Christina Woodworth

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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Mer 22 Juil - 19:40

Crispé.
C’était ce qui pouvait le mieux qualifier Rusty à cet instant. Et encore, le terme n’était certainement pas assez fort vu qu’il serrait tellement les dents qu’il aurait fait des étincelles avec si elles avaient été en métal.
Mais ça…ben Chris s’en foutait, mais alors TO-TA-LE-MENT. Et le début d’avertissement, qui sonnait comme un grondement, ne l’inquiéta pas d’avantage. Elle avait trop de mal à s’arrêter. Et ce n’était plus seulement le ridicule du prénom de Savage qui provoquait son fou-rire, mais aussi ses nerfs qui lâchaient. Faut dire que mise sous pression comme elle l’avait été durant cette semaine, il fallait bien qu’elle explose à un moment ou à un autre. Là, c’était fait.

La jeune fille en pleurait quasiment, s’essuyant les yeux alors que l’adolescent en rogne à ses côtés tentait de lui rappeler qu’elle avait intérêt à se méfier et à pas faire la maligne. Comme si ça allait casser son élan. Surtout qu’il ne se gêna pas pour lui demander une clope juste derrière.
Tentant de se calmer un peu, elle se pencha en avant, toussa légèrement, reprit de l’air, et cracha un bon coup par terre. Lorsqu’elle releva le menton, s’essuyant le coin des lèvres du revers du poignet, ce fut pour regarder Savage bien en face, droit dans les yeux. A quoi est-ce qu’il pensait jouer ? Christina n’en savait strictement rien mais, bien loin de l’intimider, cela l’amusait d’autant plus.

« Si. Le truc sensé me servir de mère à dû me le répéter quand j’étais petite. Dommage, je dois oublier de l’appliquer… »

Elle s’accroupit et se rapprocha de Rusty, de manière à ce qu’ils se retrouvent à hauteur de museau. Son regard était franc, ses pupilles ne cillaient pas. Elle n’aurait pas pu être plus claire dans sa façon de lui montrer qu’elle n’avait strictement rien à battre des menaces qu’il lui avait ouvertement lancées.

« J’ai pas l’intention de me faire toute petite. Tu m’excuseras, Rusty. »

Appuyant de façon sarcastique sur ce prénom si ridicule et détesté par son propriétaire, une ébauche de sourire aux lèvres. Mais il n’y avait plus aucune chaleur dans son expression. Seulement du cynisme. Un cynisme made in Christina.

« Si tu penses que, sous le simple prétexte que tu peux me péter les deux bras, je vais me la fermer quand j’en ai pas envie, tu vas être déçu. J’en ai rien à foutre. »

Ce qui, étonnamment…était vrai. Peut-être simplement parce que lorsqu’on savait ce qui nous attendait derrière la barrière on avait moins peur de la franchir.
Le rare sujet de discorde entre elle et son père. Depuis qu’elle était revenue elle avait agi comme si elle se foutait de tout. Son paternel la pensait suicidaire. Il avait essayé de la faire psychanalyser, en vain. D’une part parce que la mère de Chris – sa seule et unique tutrice légale désormais – ne voyait pas en quoi un psy pourrait régler une « simple crise d’ado », et d’autre part parce que les rares spécialistes rencontrés avaient affirmé qu’une thérapie ne servait à rien si le sujet n’était pas consentant…
Tout le monde le lui avait dit pourtant. Trop tête brûlée. Scott en était l’exemple parfait : ils s’étaient rencontrés dans des circonstances…tendues. Ça avait vite dégénéré. Elle lui avait pété quelques dents, il lui avait explosé deux côtes. La fin de l’histoire, si elle avait été plutôt heureuse, avait inquiété tout le monde, surtout les potes de la jeune fille qui avaient commencé à se demander si elle n’était pas tombée dans des trucs illicites.

Et là, face à ce type à la réputation plus que mauvaise, dont la carrure démontrait bien que ladite réputation était plus que fondée, et mesurant une bonne tête de plus qu’elle, Christina ne bronchait pas.
Pire, elle lui servit son plus beau sourire de faux-cul et en remit une couche.

« Et ta clope, tu peux te la carrer bien profond. On t’a pas appris que c’était pas bien de pas dire s’il-te-plait, mon mignon ? »


Elle avait volontairement repris le ton que lui-même avait employé, quelques instants plus tôt. Jeter de l’huile sur le feu : une de ses spécialités. Oui, elle avait bien un grain.
L’air de rien, elle tira le paquet de cigarettes de sa poche et en sortit une. Puis, rangeant la précieuse petite boîte d’où elle l’avait extirpée, elle tendit devant elle le tube de papier rempli de tabac. Drôle de scène : Rusty, assis contre l’arbre, fulminant, Chris, accroupie face à lui. Leurs visages à une vingtaine centimètres à peine l’un de l’autre et, juste au milieu, à hauteur d’yeux, l’objet du délit.

« Tu la veux ? Va falloir demander gentiment… »

Son sourire ironique s’élargit un peu plus, dévoilant ses dents dans un rictus carnassier. Scott avait tendance à dire qu’elle « passait en mode kamikaze » de temps à autre.
Cet enculé avait sans aucun doute su mettre des mots là où les autres se contentaient d’exprimer leur inquiétude pour elle…
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Rusty Savage

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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Ven 24 Juil - 15:28

Calme-toi Rusty. Tu vas pas péter les plombs ici. Oh si que je le pourrais. Qu’est-ce qui me retient ? Certainement pas son petit air arrogant, trop confiant. Trop sûre d’elle cette nana. Aucune conscience du danger. Aucune conscience du fait que je pourrais, avec une facilité étonnante, lui dévisser la tête et la jeter dans le lac. Je ferme les yeux pour ne plus la voir, pour me concentrer sur autre chose. Mais c’est dur. Son visage est à peine à trente centimètres du mien, je sens son odeur, son odeur agressive, agressante. Même les yeux fermés, je vois les siens, durs et plein de défi. Oui. Elle me défit. Elle ose me défier. Je serre les dents. Celles-ci grincent de plus belle et je ne peux réprimer un grondement sourd provenant du fond de ma gorge. Il faut que je me reprenne. J’ai déjà assez d’ennuis depuis l’an dernier, pour cette histoire avec Watkins. Je vais pas en remettre une couche. Elle va se calmer, et ainsi je pourrai me calmer. Et …

« Et ta clope, tu peux te la carrer bien profond. On t’a pas appris que c’était pas bien de pas dire s’il-te-plait, mon mignon ? »

Je n’aime pas le ton employé pour caricaturer le mien. J’ouvre les yeux et les plonge dans les siens. Regard ardent, perçant, empli de menace. Mais encore une fois, cette idiote ne voit rien et ne comprend rien. Qu’est-ce que je vais devoir faire pour qu’elle comprenne qu’elle n’a qu’à me présenter des excuses pour que je la laisse intacte ? Je sens des picotements désagréablement tentants longer mon dos, qui me disent de me laisser aller et de lui faire sa fête. Mes doigts se crispent. La seule femelle qui a le droit de me traiter avec autant d’arrogance, c’est Kathleen. Et des fois Abi, parce qu’elle ne fait que s’amuser et que je la connais bien. Mais pas cette conne qui, à peine débarquée, se croit tout permis.

Elle pousse l’effronterie jusqu’à sortir son paquet de clope et à en tenir une entre nous deux. Mais je ne vois pas l’objet. Je suis trop concentré à essayer de contrôler la pulsion qui me tiraille depuis quelques instants. Le besoin est tellement pressant qu’il en est douloureux de le retenir. J’avale difficilement ma salive, me mords les lèvres. Elle doit trouver que j’ai un drôle d’air et que je prépare un sale coup. Non. J’essaie d’empêcher le sale coup, tu vois …

« Tu la veux ? Va falloir demander gentiment… »

Non. Visiblement, elle ne voit pas.

En un instant, mes muscles tendus se détendent tout d’un coup pour que je me retrouve debout devant elle. Un autre instant et je me penche pour lui agripper la gorge à une main. Un autre instant et je la soulève de terre pour la plaquer durement contre l’arbre, qui craque et grince de mécontentement. Un autre instant et ses yeux se retrouvent à la hauteur des miens, ses pieds battent l’air et son dos frotte contre l’écorce dure de l’arbre. Et durant un instant, je me demande ce que je suis en train de faire. Un court instant. Juste le temps de regarder vers la plage, vers les filles qui s’y tenaient quelques minutes auparavant. Plus là. Où ? Je m’en fiche. Depuis quand ? Aussi. Est-ce que je me serais contrôlé si elles avaient toujours été là ? On ne le saura jamais.

Je reporte mon attention sur la fille coincée au bout de mon bras. Rien ne sort plus de ma gorge que ce grondement sourd, menaçant, lourd de signification. Mes doigts sont enserrés autour de sa mâchoire, se tendent et se serrent un peu plus à chaque instant. Je pourrais la broyer, la réduire au silence et au respect pour le reste de sa minable existence. Les picotements se font à nouveau sentir dans mon dos, plus forts. J’oublie la conversation qui a eu lieu quelques instants auparavant. J’oublie pourquoi je suis en colère. Tout ce que je vois, c’est cette fille, totalement impuissante. Tout ce que je ressens, c’est le désir de la soumettre et de lui apprendre les bonnes manières. Tout ce que je perçois, c’est un animal sans défense entre mes griffes. Un jouet. Quelque chose qui pourra m’amuser l’espace de quelques instants. Ma main libre se dresse et, sans prévenir, se transforme en un poing menaçant allant s’écraser sur le côté de son visage. L’arbre grince à nouveau, quelque chose craque. Je ne sais pas si c’est l’arbre ou elle. Je lève à nouveau mon poing, me prépare à l’abattre de nouveau.

-Rusty, repose-la.

Quelque chose s’échappe de ma bouche, quelque chose qui ressemble plus à un aboiement qu’à une suite de mot, un grognement sauvage visant à éloigner l’être qui s’approche. Je sais que c’est Andrew, mais je n’en prends pas réellement conscience. Mon poing se prépare à fondre quand je ressens un étau puissant me saisir la nuque. Et la brûlure. Sensation terrible qui me donne l’impression qu’on a allumé un feu sur mon corps. Je pousse un hurlement puissant. Terrassé par la douleur qui m’assaille, je me laisse tomber sur le sol. J’entends le bruit sourd d’un corps qui tombe au sol à côté du mien. Mes yeux s’embrument et, même si l’étau a relâché mon cou, je ressens encore la brûlure. Je vois vaguement Andrew s’agenouiller à côté de la femelle et s’informer de son état.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   Ven 24 Juil - 21:23

Tout se passa tellement vite qu’elle n’eut même pas le temps de réagir. Mais, étrangement, les événements se déroulèrent sous ses yeux avec une lenteur infinie, chaque seconde durant une éternité.
Une ombre immense se dressant au-dessus d’elle. Peut-être aurait-elle dû s’inquiéter . Bah…
Une poigne irréelle lui enserrant la gorge. On cherchait à la priver d’oxygène. C’était mauvais pour le cerveau ça, non ?
L’impression fugace de flotter dans les airs, avant de sentir le choc de quelque chose de dur dans son dos. Dommage, elle avait toujours rêvé de voler. Comme un oiseau…
Aïe. Elle avait sentit quelque chose craquer quelque part. A peine envolée et déjà du plomb dans l’aile ? La vie était décidément une belle salope, non ?

Une brûlure. Le peu d’air restant dans ses poumons ou bien la morsure de l’écorce dans sa chair ? Les deux peut-être.
Sa vue se troubla. Le corps humain et ses limites minables, décidément… Elle ne distinguait plus que l’éclat mauvais d’un regard à hauteur du sien.
Un son, lancinant, grondement inquiétant venant du fin fond des entrailles d’une chose terrifiante.
La peur, enfouie dans ses propres tripes. L’excitation de se sentir partir…elle jubilait. Peut-être que son père avait raison finalement. Bravo papa, dix sur dix.

Mais ce n’était pas la douleur ou la peur qui la réjouissait en cet instant. Non. Seulement le fait tout simple de ressentir quelque chose. N’importe quoi pour remplacer ce vide, cette chose qu’elle avait perdu deux ans auparavant, et qu’elle ne retrouvait pas. Les gens connaissaient-ils leur chance de ressentir de toute petites émotions, aussi bénignes soit-elles ? Non, sinon ils ne passeraient pas leur temps à se plaindre. Mais Chris, elle, avait appris à apprécier la moindre petite chose qui pouvait faire réagir son organisme. Particulièrement tout ce qui pouvait déclencher une montée en stress. Certains se perdaient dans leur addiction aux substances illicites. Elle était accro à l’adrénaline. Qu’importe l’origine.
Et alors qu’elle commençait à tourner de l’œil, impuissante entre ces mains qui resserraient lentement leur étau, elle ne chercha pas à se débattre. Absence de réaction…si ce n’était cet étrange sourire qui se mit à flotter sur son visage.

Blackout. Éteignez les lumières. Tirez le rideau.
Aïe, bordel. Quelqu’un avait décidé de lui carrer un spot dans les yeux ou quoi ? Elle en avait pas assez chié ? Oh, une silhouette familière…

*Tu arrives trop tôt, idiote.*

*Parce qu’il y a des horaires précis maintenant ? Te fous pas de ma gueule…*

*Tu m’as très bien compris.*

*On choisit pas, tu sais ?*

*Tu es folle…*

*Sûrement.*


.............

Un sifflement aiguë. Quelqu’un avait laissé un micro branché trop près d’un haut-parleur… Ou alors son ouïe se réactivait lentement et douloureusement, comme le reste de ses cinq sens. Elle revenait à elle. Et merde…
Sa vue était encore brouillée, mais elle sentait vaguement une présence près d’elle. Hein ? On lui parlait ? Si elle allait bien ?

« A…elle fut prise d’une quinte de toux…à ton avis ? »

Puis elle fut secouée de spasmes qui réveillèrent ses muscles endoloris, un râle sortant de sa gorge en feu. Elle riait, si l’on pouvait appeler ça comme ça.
Elle ne savait plus vraiment ce qui s’était passé. Dans son dernier souvenir elle était encore épinglée contre l’arbre, qui se faisait plus ou moins massacrer, mais elle n’avait pas bien saisi le pourquoi du comment. De toute façon elle s’en foutait. Elle venait de louper son rendez-vous.
Partagée entre le plaisir de se sentir vivante et la frustration d’avoir raté quelque chose, elle grogna en tentant de bouger une main. Son corps entier la faisait souffrir, mais elle ne se rappelait pas s’être faite passer à tabac. Juste ces doigts serrant sa gorge et sa mâchoire… Pendant combien de temps avait-elle été privée d’air ?
La silhouette penchée sur elle semblait s’inquiéter de son état…

*Mais va te faire foutre, putain… Tu m’emmerdes, j’suis fatiguée…*


Elle aurait bien voulut l’exprimer à haute voix, mais après l’exploit de sa première phrase sa gorge semblait s’être soudée. Elle sentait l’herbe qui lui picotait la joue. Agréable. Le sourire qui s’était incrusté sur ses lèvres ne l’avait pas quittée pendant son absence, et s’élargit un tout petit peu plus. De façon presque imperceptible.
Rusty était affalé par terre lui aussi, un peu plus loin. Oh il n’avait pas l’air bien. Qu’est-ce qui c’était passé au juste ? Etait-ce important ?
Oui. Non. Elle ne savait pas.

*Tu as mal ? Tu me hais ? Tu me tuerais ? … Qu’est-ce que tu es ?*


Des questions qu’elle n’énoncerait pas non plus. Ses yeux avaient décidé de se fermer. Bande de rabat-joies.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau, la tête ailleurs. [Pv Rusty]   

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