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 [scène de ] ménage

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MessageSujet: [scène de ] ménage   Mar 14 Juil - 18:42

… Par où commencer ? Devant le désordre qui règne dans ces appartements, je ne peux qu’être déboussolée. Le dernier rangement qu’a dû voir cette pièce doit dater de Mathusalem… Ou de Lucy. Heureusement j’ai pensé à e munir de gants de plastique. Hors de question que je touche toutes ces… choses qui sont répandues partout sans protection. … Par où me mettre à la tâche ? Les étagères ? Le bureau ? Le sol ? Les chambres ?…Je me dirige vers l’étagère la plus proche, déblaie grossièrement le sol autour de moi et commence le travail. D’abord tout retirer, trier en différentes catégories, puis laver et ranger. Je doute de pouvoir parvenir à tout ranger. Enfin, ce n’est pas le but : non, ej veux avoir l’occasion de revenir régulièrement. Mais pourquoi, pourquoi donc me suis-je attelée à une telle tâche ?

Je rassemble mes cheveux en une queue de cheval, y piquant l’épingle qui m’a permit d’entrer – c’est dingue, les vieux trucs, ça marche toujours ! – puis enfile la protection de silicone blanc… Si je me casse un ongle, je fais un malheur, promis, et ce seront les occupants des lieux qui en subiront les conséquences. Quand je pense à la demi-heure qu’il m’a fallu, à triturer la serrure, puis prendre un air innocent si quelqu’un passait, pour eux… Je suis trop bonne. Trop gentille. Et aussi trop bonne, m’assure le faible reflet de moi que je capte dans une pochette de cd.

Résumons : à mes pieds, les cds. Je les classerai par ordre alphabétique plus tard. Un peu plus loin, les livres. Sur le tas « à jeter » les magazines pornos, les trognons de pomme et quelques objets de nature suspecte. En ce qui concerne les vêtements, je trie pas, tout ira à la lessive, pas le choix… je préfère ne pas savoir ce que font un string et des élastiques à cheveux dans les parages. Poubelle !… Et je pense que je peux ouvrir un cimetière pour mouches mortes. Il y en a partout… Je ne veux pas savoir ce qui les a attirées, et encore moins ce qui les a tuées. Même si j’ai quelques soupçons.

… Une demi-heure ! Une demi-heure déjà que je suis en train de trier ce qui était posé sur cette étagère… il me reste encore les deux planches du bas. Merveilleux. Je me demande lequel des deux à décidé qu’ils faisaient office de poubelle ? Parce que jusque là, à part des emballages de nourriture vides, je ne suis encore tombée sur rien d’autre qu’une énorme araignée. Nooooon, je n’ai pas hurlé ! J’ai poussé un couinement surpris puis je l’ai dignement écrasée du bout de mon pied délicat. Et si ça a laissé quelques marques de semelles sur le mur… C’est pas moi ! Juré !

Je sors une bouteille d’eau du sac à dos que j’ai emporté – j’ai décidé de ne plus prendre le risque de boire dans une tasse issue de ces lieux insalubres – tout en passant sur mon front moite une main épuisée, et me désaltère à longue gorgées, avant d’enjamber tout ce fatras pour aller remplir un petit seau d’eau tiède. J’ai songé à tout, même à me munir d’éponges et de seaux… Je suis merveilleuse. C’est une pitié que ma sublime personne se retrouve à effectuer des tâches ménagères, mais il finira par rentrer, le richissime, héritier, et je serai là. Et je m’inviterai à dîner… et ça deviendra une habitude. Et puis, couronnement de mes efforts, il succombera à mes charmes.

L’étagère débarrassée de sa poussière – il ne m’a fallu vider le seau que trois fois avant de terminer, un vrai miracle, je commence mon rangement. A hauteur d’homme les livres, classés par nom d’auteur. Puis les cds, selon la même logique. Les étages du dessous accueillent une solide collection de dvds. Le pire dans tout ça c’est que j’ai la certitude qu’en rangeant le reste de ce capharnaüm je découvrirai d’autres livres, cds, dvds, etje devrai recommencer mon classement.

… Soyons positive, Alou. Ce sera une occasion de plus pour fréquenter l’araignée, te coller à lui, lui sourire, le rendre esclave de ses sens et du feu de la passion qui le dévorera.

… je vais être malade …

Il me reste quelques gadgets à pousser en haut de l’étagère. Je grimpe sur une chaise, une statue grotesque dans une main, une caisse sous l’autre bras. La statue est bien vite rangée et je tiens la caisse à bout de bras lorsque me vient un doute : et si cette caisse contenait un autre joyeux bordel ? Avec un rictus découragé, je la ramène à hauteur de ma poitrine et l’ouvre. Elle contient un livre – ah ! je le savais ! mon magnifique rangement va déjà être chamboulé – et sous ce livre, ce qui ressemble à un tas de photos…

Assise sur la chaise, je passe en revue les photographies, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc… La plupart sont anodines, voire laides. Mais il y a des exceptions… Et puis il y a les horreurs ! Tous ces corps nus, ces actes de fornications, ses sexes, ces seins, ces… Je ferme les yeux, rouge comme une tomate. Non, je n’étais pas en train de manifester une curiosité suspecte devant une photo du directeur et d’une inconnue. Non, je ne me demandais pas comment elle faisait pour rester dans cette position…Je ne suis pas une perverse, moi, contrairement à l’épouvantail !

… pourquoi faut-il qu’il soit si riche ? mh ?

Je tente de me changer les idées en ouvrant le livre qui trônait sur le tas de photos… Les choses empirent, même si je ne pensais pas cela possible. Comment… Comment peut-il photographier ses camarades ainsi ? Je suis bien heureuse qu’il n’ai eu que des photos de moi dans le hall. Qu’il est répugnant !
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Gabriel Ahmon

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MessageSujet: Re: [scène de ] ménage   Lun 17 Aoû - 12:28

Je boutonnai ma chemise rapidement, observant avec une certaine anxiété les autres élèves qui se changeaient en bavardant. Aucun ne me prêtait attention, du moins pas encore. Je soupirai de soulagement, mais j’étais tendu et sur le qui-vive. Durant le cours d’éducation physique, je fus la cible de Savage. Je crois que le pauvre bougre n’a pas encore avalé ma petite plaisanterie de la semaine passée concernant la séance de photographie de l’équipe de natation. J’aurais préféré qu’il me balance son poing en plein visage plutôt que de subir humiliation sur humiliation. La porte des vestiaires s’ouvre à la volée, et Savage et sa clique de dégénérés pénètrent victorieusement en ces lieux humides et malodorants. Il me lance un coup d’œil moqueur avant de poursuivre son chemin et de me ficher la paix.

Je retins mon souffle pendant ce bref moment. Je secouai ma tête, glissai la bretelle de mon sac sur une épaule et quittai subtilement les vestiaires sans attirer l’attention sur ma maigre personne. Il me tarde de retrouver mon appareil photo abandonné dans mon dortoir ainsi que mon ordinateur portable sur lequel je pourrais travailler mon art. Je fronçai les sourcils et me souvins qu’il me fallait bifurquer vers la chambre rouge de l’école pour y chercher quelques photographies. Et puis, Noäh ne rentre pas ce soir, je serai seul…complètement seul avec mes idées fabuleuses et mon tendre appareil. Si j’étais un garçon banal avec des instincts normaux, j’aurais invité une ou plusieurs filles avec la ferme intention d’utiliser mon vit incroyable et surpuissant. Je fis une moue pensive et songeai sur quelle fille mon choix se serait porté…Je rougis devant l’absurdité de la situation et pressai le pas. Je ne suis guère un Don Juan et encore moins un séducteur notoire tel mon colocataire. Et puis, ce n’est pas comme si j’avais une légion de femmes émoustillées par mon physique formidable…il n’y a qu’une folle débile qui s’accroche désespérément à moi comme si j’étais son dernier souffle, son dernier espoir de vivre.

Je frissonnai d’horreur devant le souvenir terrifiant d’Alanthia Parker. Depuis notre rencontre, je l’évite religieusement. Si j’aperçois sa moue à l’extrémité du couloir, je rebrousse chemin en courant ou bien me rue en vitesse dans une salle de classe. Si je remarque une tignasse blonde s’acheminait jusqu’à moi, je m’affole aussitôt et m’éclipse sans demander mon reste. Avec les années, je suis devenu le roi de la fuite. Les gens, indignés d’être le sujet principal de mes photographies subites, se précipitaient sur ma pauvre personne sans défense et aspiraient sérieusement à me casser quelques côtes. Si Alanthia découvrirait les représentations de son corps nu entre les mains d’un fol adolescent boutonneux…je n’ose pas imaginer le châtiment que j’endurerais si jamais…Je me permis un sourire rayonnant.

J’arrivai à mon dortoir une demi-heure plus tard, je me plantai devant la porte, fouillai dans mon sac à la recherche de mes clefs quand j’entendis un bruit sourd et étouffé provenir de mon appartement. Je plissai les paupières et dévisageai longuement la poignée comme si je craignais qu’elle ne s’agite furieusement. Je lançai des regards inquiets et incertains dans le couloir vide, inspirai profondément et enroulai mes mains autour de la poignée. Mon esprit était en ébullition. Qui était à l’intérieur ? Un imbécile courroucé ? Noäh ? Je déglutis péniblement et entrai dans mon dortoir. Un seul pas dans le minuscule vestibule et une forte odeur de détergent se heurta à mes sensibles narines. Dans ma tête, une seule émotion bloquait toutes mes pensées. Noäh nettoyait le dortoir ? L’image de cet homme paresseux, en habit de ménagère sexy, frottant le plafond pour en déloger toute la crasse me fit sourire. Malheureusement, ce n’était pas Noäh.

La cuisine et le salon étaient impeccables. Tout était soigneusement et méticuleusement rangé avec une précision épouvantable et exaspérante. Plus rien ne parsemait le plancher rutilant. Les murs brillaient de mille éclats foudroyants. Le plafond scintillait de propreté. Où sont passés les vêtements empilés ? Et la vaisselle sale ? Et les tâches de café sur le carrelage de la cuisine ? Et … Interdit, je me dirige vers ma chambre qui est dans le même état de fraicheur que les deux pièces précédentes. Une jeune fille blonde est installée sur mon lit. Ses joues sont cramoisies. Ses cheveux sont humides. Je reconnais ce petit nez pâle, ses yeux expressifs et déroutants, cette bouche mince et flexible, cette gorge frêle.

-Toi…, grondai-je, hérissé.

Comment est-ce qu’elle est rentrée ici ? C’est quoi son problème de se comporter comme…comme…comme…J’évaluai une instant l’endroit du regard et fus complètement outré de découvrir qu’elle fouillait dans mes cartables privés. Je fis quelques pas menaçants dans sa direction et la toisai avec un sentiment proche du mépris tout en la pointant d’un doigt tremblant.

Que me veut cette fille ? Elle veut me rendre fou ! Siroter ma lucidité, peut-être…Elle veut m’épuiser, me rendre malade…Pour quelles raisons…pour quelles raisons ? Je comprendrais si elle était l’une des groupies de Noäh...je comprendrais qu’elle s’incruste ici…mais en ce moment, j’ai la nette et ferme impression qu’elle me colle à la peau des fesses…

-Qu’est-ce que tu fais ici ? Qu’est-ce que t’as fait !

Avec un peu de chance, elle est ici en espérant croiser Noäh…Avec un peu de chance…Puis, je louchai vers le cartable ouvert sur ses genoux et mon teint devint soudainement violacé. Je balbutiai quelques mots inintelligibles et me ruai vers elle pour le lui arracher violemment. Je remarquai qu’elle sursauta brusquement et me dévisagea avec incrédulité.

-Sors d’ici immédiatement…ou ou…

Je regardai machinalement dans la pièce, à la rechercher d’une merveilleusement inspiration pour ma menace. Peine perdue…Je me mordis la lèvre inférieure avec une rage mal contenue.

-Ou…je te jette dehors à coups de pied dans les fesses…

Je m’épuiserais bien avant de la propulser hors du dortoir, de toute façon…Je ferme étroitement les paupières, me conditionnant à l’idée que ce n’est qu’un mirage, qu’une mauvaise hallucination, qu’un cauchemar effroyable. Cependant, quand je les ouvre, mes prunelles dilatées tombent aussitôt sur Alanthia Parker, maintenant debout, à quelques pas de moi.

Je recule de quelques pas. Ce n’est pas que j’ai peur…je tiens seulement à me distancer de cette mégère par pur moyen de sécurité…

-Va t’en…, soufflai-je d’une voix légèrement trop aigue à mes oreilles.

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MessageSujet: Re: [scène de ] ménage   Dim 6 Déc - 16:58

J'avais espéré, que, peut-être, par un miracle inexpliqué, pendant la nuit, monsieur balai se serait un peu étoffé. Un peu de muscle, une mâchoire… je me serais même contentée d'un menton un peu piquant. Mais non, il restait un ado trop grand et mal emmanché, qui n'a visiblement jamais vu un peigne: le gros lot. Heureusement, il semble connaître le mot "douche", il ne manquerait plus que ça à son image pour le rendre insoutenable. Déjà qu'il n'a pas grand chose en sa faveur…

Mon sourire est mince, mais bien présent, dissimulant la froideur glaciale que mon regard risquerait de laisser transparaître. Je ne m'attendais pas à ce qu'il rentre avant que j'aie terminé, mais soit… j'ai à peine eu le temps de passer une main rapide dans ma crinière blonde et de poser les mains sur les genoux qu'il déboulait dans la pièce. Evidemment, dès qu'il m'a vue, ses yeux se sont illuminés… Pauvre petit, il est déjà tombé dans mon piège, je le sais! Comment une mocheté comme lui pourrait-il me résister? Mais il ne le sait pas encore… c'est tout.

Il semble surpris de me voir ici… pas nécessairement positivement. Mais je suppose que n'importe qui aurait peur de montrer qu'il vit dans une écurie. Je lui offre un haussement d'épaules souriant pour toute réponse et me laisse tomber sur les coudes, à moitié couchée sur son lit. Il est en plein déni, le pauvre, il prétend vouloir me chasser. Mais moi, je sais que ce n'est pas son envie profonde, même si lui l'ignore: je connais les signes, j'ai regardé un documentaire sur le sujet: pupilles dilatées, difficulté à mettre des mots sur ses pensées, tremblements… et surtout, surtout la couleur cramoisie de sa peau.

Je me contente de hausser l'un de mes délicats sourcils, avant de renverser la tête en arrière avec un rire de gorge, lorsqu'il termine sa menace. c'est presque mignon. Dommage qu'il soit si peu attirant, je suis sure que j'apprécierais plus la situation s'il était un vrai mec, pas un substitut. Je me demande si on pourrait lui greffer de vraies épaules…


"Des coups de pieds? dans les fesses?"

Je me redresse un peu, avec un sourire que je sais aguicheur. Je me suis entrainée. Il met en valeur mes lèvres pulpeuses et fait briller mon regard. Passant une main dans mes cheveux, j'entortille un doigt dans une boucle blonde qui n'en fait qu'à sa tête. Me cheveux me ressembles: somptueux, indisciplinés, délicieusement tentateurs… Heureusement que leur perfection m'appartient, je serais jalouse de les voir sur une tête qui ne m'appartiendrait pas.

"Ne dis pas de bêtises, Gabriel."

… Bon sang, il a pas encore mué? Il a quel âge, le gamin… Ajoutons sa voix à la liste de ses défauts. Le pauvre. Pour son anniversaire, je lui achèterai un cercueil: je doute qu'il ne finisse pas par réaliser la futilité de son existence, une fois qu'il fréquentera ma personne. Il finira par comprendre que la vie n'est pas destinée à être vécue par tous et toutes. Mais en attendant, je compte bien le plumer, même s'il a, visiblement, un goût discutable pour les photographies prises à l'insu des autres. Et pour les nus.

"Je suis bien ici. Pas toi? Tu as l'air tout… essoufflé. Tu pourrais m'apporter du jus de fruit, s'il te plait? J'ai vu qu'il y en avait dans votre frigo, et j'ai un peu soif… Prends-toi un verre aussi, tu en as bien besoin."

Je me mordille la lèvre inférieure, le nez froncé, la tête un peu penchée de côté, un air faussement inquiet plaqué sur les traits. Le jus de fruit, c'est plein de vitamines, ça va peut-être l'aider à … grandir. On ne sait jamais. je peux sembler méchante et sans coeur, mais vraiment, je préfèrerais, je le jure, qu'il s'étoffe un peu, qu'il embellisse ou qu'il prenne un certain charisme, plutôt que de rester rachitique et affreux. Je pense à son bien aussi! C'est dommage qu'un photographe, qui cherche à capturer la beauté, en soit si dépourvu. Le monde est injuste… Heureusement, je suis tombée sur le gros lot question beauté et perfection!

D'un geste nonchalant, je me saisis d'un nouveau tas de photo et bascule en arrière, en attendant qu'il cède à mon caprice et aille me chercher un rafraichissement. Sourcils froncés, je contemple la photo qui me fais face… C'était donc vrai… Chris est une fille. Maigrelette, sans la moindre forme, mais une fille. Avec une moue de dégout amusée, je mets l'image à l'abri, dans mon décolleté, faute de poches: je sens qu'elle risque de m'être utile. Puis je commence à fouiller dans celles que j'ai à la main, en réprimant un soupir: pourquoi ai-je du tomber sur le pire avorton de l'école?
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MessageSujet: Re: [scène de ] ménage   Mer 9 Déc - 22:35

-Des coups de pieds? Dans les fesses? Ne dis pas de bêtises, Gabriel.

Alanthia esquisse un étrange sourire forcé. Interloqué, je la regarde, la bouche grande ouverte et les yeux aussi ronds que des soucoupes. Ses traits se crispent d’une bien méchante façon de telle sorte que je me demande si elle ne souffrirait pas de maux d’estomac. Je crains même qu’elle ne vomisse devant mon lit, mais elle se contente de rejeter de côté sa longue chevelure blonde aux éclats dorés et s’amuse à l’abîmer en entortillant de longues mèches cassées autour de ses doigts.

-Je suis bien ici. Pas toi? Tu as l'air tout… essoufflé. Tu pourrais m'apporter du jus de fruit, s'il te plait? J'ai vu qu'il y en avait dans votre frigo, et j'ai un peu soif… Prends-toi un verre aussi, tu en as bien besoin.

Avant que je ne réalise, j’étais déjà dans la cuisine en train de nous verser deux verres de jus d’orange. Je m’arrête en plein mouvement, abasourdi. Qu’est-ce que je fabrique ici? Je ne vais quand même pas offrir cordialement ce verre à cette chipie de blondinette. Je ne suis pas son domestique ni même son esclave. Je tends le cou vers la porte de ma chambre, lorgnant de mauvaise humeur la silhouette étendue sur mon lit. Elle examine des photographies, les joues rouges d’embarras. Qu’elle rougisse!

Je me renfrogne. J’ouvre la porte du réfrigérateur et je m’empare d’un contenant de framboises. Je les nettoie et je m’active à les dévorer goulûment. Je dois la faire sortir d’ici, au plus vite. Mes yeux se promènent et ils s’attardent, comme par hasard, sur les deux verres. Mes sourcils se froncent, mes lèvres se pincent.

Incertain, je risque un coup d’œil de reconnaissance en direction d’Alanthia, toujours immobile. Je prends les verres et je m’avance de quelques pas timides. Je ne peux pas la laisser ici, à poursuivre sa besogne et à me pourrir la vie. Que mon dortoir soit un taudis, je m’en fous un peu. Qu’elle soit dans ce taudis à se prétendre la reine d’un tas de guenilles et de saleté, je ne m’en fous pas.

Je hais les femmes. On dirait qu’Alanthia ne fait qu’attiser mon mépris pour la gente féminine. Oh, je n’aime pas plus les hommes. Je pense que les deux sexes sont aussi misérables l’un que l’autre. Mais Alanthia est pire. Elle est une sangsue. Non, pire. Alanthia est un cancer. Tu peux bien collectionner les traitements, Alanthia le Cancer ne s’en ira jamais.

Je m’approche du lit. Le parasite ne bouge pas d’un poil. Je me racle la gorge, question de lui faire comprendre que son Excellence est interpellée. Madame fait mine de ne rien entendre et continue son examen minutieux de mes clichés. Mon regard s’assombrit. Je grince presque des dents.

Décidément, je hais les femmes. Je ne comprends rien aux hommes qui leur font des éloges resplendissants. Une femme, c’est un insecte nuisible constamment ébranlé par des sautes d’humeur hormonales. La femme est utile pour la photographie, ses compétences se limitent à ce domaine, je l’ai toujours affirmé.

Froissé du manque d’attention d’Alanthia, je réduis le peu de distance qui nous sépare – je n’apprécie pas cette soudaine proximité - et je me penche au-dessus d’elle. Elle évite résolument mon regard. La garce.

-Voilà ton verre, lui dis-je.

Alanthia, les yeux toujours rivés vers les photographies qu’elle a dans une main, étire son bras valide dans ma direction et, de façon accidentelle (très accidentelle), je renverse l’un des verres sur la tête de ma très chère compagne. Son glapissement suraigu me comble de joie. Son air atterré et parfaitement horrifié me procure un bien-être vivifiant. Et je dois dire que la vision de cette affreuse mégère, la chevelure dégoulinante de jus d’orange, est des plus satisfaisantes.

Évidemment, je me compose un regard épouvanté et je me confonds en mille excuses.

-Oh lala…Quel maladroit je suis…

Et c’est vrai, je suis l’être le plus maladroit du monde, elle ne peut pas me le reprocher.

-Mon Dieu… tes cheveux… Il va falloir que tu retournes vite à ton dortoir prendre une douche et te changer. Si tu veux, je te prête une serviette pour les cacher.

Voilà comment on essuie ses « négligences » : on se montre poli, courtois sans montrer le fou rire qui menace de nous secouer.

Voilà comment on se débarrasse d’une Alanthia Parker.

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